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Expérience de la mort

C’est en juillet 1896 que sa grande transformation eut lieu.  Venkataraman était dans sa dix-septième année.  Plus tard, Shri Ramana décrivit lui-même ce qui se passa à cet instant :

« J’étais assis seul dans une pièce du premier étage, dans la maison de mon oncle.  Comme d’habitude, ma santé était parfaite, mais soudainement une peur violente de la mort me saisit sur laquelle on ne pouvait se tromper.  J’eus la sensation que j’allais mourir.  Il  ne se passait rien dans mon corps qui pouvait expliquer cette sensation et je ne pouvais me l’expliquer moi-même.  Je n’ai pas cherché à savoir si la peur était bien fondée.  J’ai senti ‘je vais mourir’ et aussitôt je me suis demandé ce qu’il fallait faire.  Faire appel à des docteurs, la famille ou des amis ne m’importait pas.  J’ai senti que je devais résoudre le problème moi-même, sur-le-champ.

« Le choc causé par la peur me rendit aussitôt introspectif.  Je me suis demandé : ‘Maintenant que la mort est là, qu’est-ce que cela signifie ?  Qu’est-ce qui meurt ?  C’est ce corps qui meurt.’  Aussitôt j’ai mimé la scène de la mort.  J’étendis mes membres en les tenant raides comme si la rigidité cadavérique s’était installée.  J’imitai la condition d’un cadavre pour donner un semblant de réalité à mon investigation.  Je retins ma respiration et serrai les lèvres pour qu’aucun son ne pût s’en échapper, pour que le mot ‘je’ ou tout autre mot ne pût être prononcé.  ‘Eh bien ! me disais-je, ce corps est mort.  Tout rigide, il sera transporté au champ crématoire où il sera brûlé et réduit en cendres.  Mais, avec cette mort du corps, suis-je mort moi-même ?  Ce corps est-il le ‘je’ ?  Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité et même le son ‘je’ en moi…, séparé du corps.  Ainsi ‘je’ suis un esprit, quelque chose qui transcende le corps.  Le corps physique meurt, mais l’esprit qui le transcende ne peut être touché par la mort.  Je suis donc l’esprit immortel.’

« Tout cela n’était pas un simple processus intellectuel.  Tout jaillissait devant moi comme la vérité vivante que je percevais directement, presque sans raisonnement.  Le ‘Je’ était quelque chose de très réel, la seule chose réelle en cet état ; et toute l’activité consciente en relation avec le corps était centrée sur lui.  Depuis cet instant, le ‘Je’ ou mon ‘Soi’, par une fascination puissante, fut le foyer de toute mon attention.  La peur de la mort s’est évanouie instantanément et pour toujours.  L’absorption dans le Soi s’est poursuivie dès lors jusqu’à ce jour.  D’autres pensées s’élèvent et disparaissent comme diverses notes de musique, mais le ‘Je’ demeure toujours comme la shruti, la note sous-jacente qui accompagne les autres notes et se confond avec elles.  Que le corps soit occupé à parler, lire ou quoi que ce soit d’autre, j’étais toujours centré sur le ‘Je’.  Avant cette crise je  n’avais pas de perception claire du ‘Je’ et je n’étais pas attiré consciemment vers lui.  Je ne ressentais pour lui aucun intérêt directement perceptible ; encore moins la tendance à demeurer en lui d’une manière permanente. »

Cette expérience changea totalement la vie et les habitudes du jeune Venkataraman.  Il délaissa ses relations et ne poursuivit ses études que machinalement ; son attention était tout ailleurs.  Il préférait rester seule, absorbé dans la concentration du Soi, ou se rendre au temple où il restait des heures devant Minakshi ou Shiva en profonde adoration.  Sa famille avait observé son changement et le réprimanda plusieurs fois pour son indifférence aux études.

 

Six semaines s’écoulèrent ainsi, lorsqu’un jour, alors que Venkataraman était en train de faire ses devoirs, la futilité du travail scolaire le frappa soudainement. Il repoussa ses papiers et s’abandonna à la médiation. Son frère le voyant ainsi lui dit : « A quoi bon retenir tout ceci pour quelqu’un qui se comporte comme toi ? » Venkataraman reconnut la justesse de cette remarque et décida d’abandonner sur-le- champ son foyer familial à Madurai pour rejoindre son Père Arunachala.

Pensant que le voyage ne coûterait pas plus de trois roupies, il rendit deux des cinq roupies que son frère lui avait confiées pour payer les frais de scolarité de son frère, écrivit une lettre, la plaça en évidence et partit pour la gare. C’était le 29 août.

Voici le contenu de cette lettre :

« Je suis parti d’ici à la recherche de mon Père et en obéissant à son ordre. C’est une entreprise vertueuse que celui-là entreprend. Il est donc inutile de s’en attrister et de dépenser de l’argent pour rechercher celui-là. Les frais de scolarité n’ont pas été payés. Ci-joint deux roupies. »

La lettre n’était signée que d’un simple trait.

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